« Nous avons financé plus de 2 200 CIF intérimaires en 2007 »
Créé en 1983, le FAF.TT accompagne les entreprises de travail temporaire et leurs salariés sur les chemins de la formation. Entretien avec Philippe Troubat, responsable activité CIF, au Fonds
d'Assurance Formation du Travail Temporaire.
Quelles sont les missions du FAF.TT ?
Nous avons 4 missions principales : collecte de la contribution obligatoire des entreprises de travail temporaire à la formation professionnelle, financement de stages de formation, conseil et
information aux entreprises et salariés de la branche (intérimaires et permanents d'agence en CDI et CDD) et conduite d'études en lien avec la formation professionnelle continue. Quant à moi, je
m'occupe plus particulièrement de la partie information et conseil aux salariés, aidé d'une équipe composée de cinq chargés d'information et de cinq conseillers. Je coordonne également la gestion
administrative des dossiers congé individuel de formation (CIF), congé de bilan de compétences (CBC) et congé de validation des acquis de l'expérience (congé VAE).
Pouvez-vous répondre à toutes les demandes de formation ?
En 2007, nous avons reçu plus de 7 300 dossiers, la plupart pour des demandes de CIF. Après vérification de leur recevabilité, nous en avons présenté plus de 4 700 en commission paritaire et
environ 2 800 ont été financés. En règle générale, nous finançons tous les CBC (163 pour les intérimaires et 162 pour les salariés en CDI) et tous les VAE (52 pour les intérimaires et 17 pour les
salariés en CDI). En revanche, le budget consacré aux CIF n'a permis de financer que 2 251 dossiers sur 4 246 présentés par les intérimaires et 100 sur 132 présentés par les salariés en CDI.
Quel est le processus de sélection ?
Une fois la vérification de la recevabilité effectuée, chaque dossier se voit attribuer un score selon un barème défini à l'avance (dont les candidats sont informés quand ils reçoivent le dossier).
40 % de la note tiennent compte du profil du salarié. Si vous avez plus de 45 ans, que vous êtes peu diplômé, que vous avez un handicap ou que vous bénéficiez d'une ancienneté importante dans
l'intérim..., vous aurez des points en plus. Les 60 % restants dépendent de l'évaluation du projet présenté et de sa cohérence avec le parcours professionnel du demandeur. L'évaluation porte sur
les réponses apportées au questionnaire joint au dossier. Puis, en commission, nous suivons le classement jusqu'à épuisement du budget prévu !
Quelles sont les étapes à suivre pour faire sa demande ?
Après avoir trouvé l'organisme de formation, le salarié peut ensuite faire sa demande d'autorisation d'absence à son employeur. Une fois celle-ci signée, il peut envoyer sa demande de financement
au FAF.TT. Nous accompagnons les salariés tout au long de leurs démarches s'ils le souhaitent. Dans un premier temps, nous les informons sur les dispositifs mobilisables. Pour ceux qui hésitent
entre plusieurs métiers ou formations, qui veulent avoir une aide méthodologique à l'élaboration de leur projet, nous proposons un suivi individualisé leur permettant de bien analyser leur besoin,
de valider leur projet et de préparer la rédaction du questionnaire joint au dossier. Les salariés peuvent nous contacter au











0811 650 653
et sur notre site Internet
www.faftt.fr.
Quel est le profil des salariés qui demandent un CIF ?
Les hommes sont surreprésentés si on compare à la population intérimaire. En 2007, 88 % des dossiers ont été déposés par des hommes et plus de 60 % de ces candidats avaient moins de 35 ans. Quant
au niveau de formation, 70 % avaient au plus le niveau CAP-BEP. Il est intéressant de noter que le profil des salariés en CDI n'est pas du tout le même. 80 % étaient des femmes, entre 35 et 44 ans
pour la majorité et titulaires pour les trois quarts d'un bac, BTS ou DUT.
Y a-t-il un domaine particulièrement demandé par les intérimaires ?
Sans conteste, le transport de marchandises qui représente plus de 30 % des formations financées, suivi par la conduite d'engins de chantier, puis à un degré moindre la métallurgie.
Quels conseils donneriez-vous à un intérimaire qui souhaite faire une demande de formation ?
Anticiper « l'après » ! Il faut bien réfléchir avant de se lancer et prendre le temps de confronter son projet professionnel à la réalité du marché du travail. Quel profil et quel niveau d'études
sont recherchés pour le métier visé ? En quoi la formation va-t-elle me permettre de répondre aux critères demandés par les entreprises ? Et surtout, est-ce que je suis sûr que ce métier va me
plaire ? Le CIF représente une véritable opportunité pour bien se positionner sur le marché de l'emploi. Il ne faut pas la gâcher.
Propos recueillis par Magali Morel
Vos réactions